
Le mécénat.
Alexis de Tocqueville avait déjà relevé la tendance à créer des associations si particulière aux Américains. Au XIXème siècle, ce phénomène s’est développé avec la croissance industrielle accélérée et l’apparition de fortunes d’une ampleur nouvelle. Par la suite, de nombreux industriels ont décidé de créer des fondations dont l’objet était d’améliorer le bien-être public non seulement aux Etats-Unis mais à travers le monde.
La Carnegie Corporation de New York : Créée en 1911 par Andrew Carnegie, cette fondation consacre quelque 80 millions de dollars par an à des bourses dans quatre domaines : l’éducation, la paix et la sécurité dans le monde, le développement international et le renforcement de la démocratie aux Etats-Unis.
L’Africa Fund fait partie des institutions auxquelles la fondation accorde des dons. La Fondation Ford : Créée en 1936, dans le Michigan, cette fondation dispose d’un portefeuille de plus de 9,5 milliards de dollars d’investissements diversifiés. Une des plus grandes organisations philanthropiques des Etats- Unis, elle accorde des bourses à des personnes ou des institutions œuvrant, aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, à la réalisation des objectifs qui sont les siens : le renforcement des valeurs démocratiques, la réduction de la pauvreté et de l’injustice, ainsi que la défense de la coopération internationale et l’avancement des réalisations humaines.
La Fondation Rockefeller : L’une des plus anciennes fondations, elle décerne des subventions et des bourses d’études et organise des conférences au profit de programmes qui tentent d’identifier les besoins et les souffrances humaines à travers le monde et d’y remédier.
La Fondation Bill et Melinda Gates : Bill Gates, fondateur de Microsoft, dont la fortune de 40 milliards de dollars fait de lui l’homme le plus riche du monde, a promis de faire don de 90% de cette fortune avant la fin de sa vie. Avec sa femme Melinda, il s’intéresse surtout aux campagnes de vaccination et à l’immunisation des enfants dans les pays en voie de développement. En juillet 2006, la fondation a accordé 287 millions de dollars afin de créer un réseau de recherche pour la mise au point d’un vaccin contre le SIDA (les dons sont répartis entre 11 consortiums regroupant des chercheurs de 19 pays, dont la France).
En ce qui concerne les exemples les plus connus de mécénat d’entreprises citons Ted Turner qui, en 1997, alors qu’il est patron de CNN, fait un don historique d’un milliard de dollars à l’ONU. Cette somme est destinée à soutenir les actions en faveur des femmes et d’autres groupes défavorisés, de la santé des enfants, de l’épuration de l’eau et contre le réchauffement de la planète.
George Soros, quant à lui, veut encourager la démocratie en Europe de l’Est et en Millionnaires oui, mais philanthropes. Le monde compte davantage de millionnaires, qui sont de plus en plus généreux. LE CLUB des grandes fortunes s’est encore étoffé l’an dernier ! Le monde comptait 9,5 millions de millionnaires, 8,3 % de plus qu’un an auparavant, selon la 11e édition du « World Wealth Report » de Merrill Lynch et Capgemini. Des millionnaires de plus en plus fortunés. « Leurs avoirs ont augmenté de 11,4 % en 2006, ce qui représente la plus forte hausse depuis 1999 », note Gilles Dard, président de l’activité gestion privée chez Merrill Lynch en France.
Mais, signe des temps, les riches sont aussi de plus en plus généreux. Ils sont chaque jour plus nombreux à consacrer une partie de leur fortune aux plus pauvres. L’an dernier, 11 % d’entre eux ont ainsi donné 7 % de leur patrimoine à des fondations philanthropiques, ce qui représente plus de 285 milliards de dollars. Les plus grandes fortunes (affichant un patrimoine financier supérieur à 30 millions de dollars, NDLR) ont été encore plus généreuses : 17 % d’entre elles se sont délestées de 10 % de leur fortune. Pourquoi donnent-ils autant ?
La tendance est dans l’air.
Bill Gates, l’homme le plus riche de la planète, n’a-t-il pas créé en 2000 une fondation spécialisée dans la recherche sur la santé dans le monde et l’éducation. Une fondation à laquelle un autre milliardaire américain, Warren Buffett, a apporté l’été dernier 37 milliards de dollars ! Mais la mode n’explique pas tout.
« Beaucoup de nouveaux riches ont bâti eux-mêmes leur fortune. En donnant à des fondations, ils cherchent à rendre à la société ce qu’elle leur a donné. C’est particulièrement vrai aux États-Unis », répond Marina Weimert, directeur de projet chez Capgemini Financial Services. Ces donateurs, souvent des chefs d’entreprise à l’esprit pragmatique, privilégient les causes utiles et « rentables » socialement.
« La nouvelle génération cherche de plus en plus à gérer stratégiquement les fonds qu’ils allouent à des fondations philanthropiques. Ils veulent de cette façon optimiser un retour sur investissement sociétal », explique Marina Weimert. Pour ne pas se tromper, les donateurs font même appel à des consultants spécialisés dans la recherche des meilleures fondations.
Disparités géographiques.
On constate néanmoins d’importantes disparités géographiques. Les Américains et les Asiatiques sont ainsi deux fois plus nombreux à donner que les Européens. L’explication est surtout culturelle. À l’instar des milliardaires Andrew Carnegie ou John D. Rockefeller, les riches américains transmettent depuis longtemps une partie de leur patrimoine à des fondations.
En Chine, et depuis peu en Inde, la notion de solidarité communautaire joue beaucoup. Et certaines grandes fortunes, comme le milliardaire hongkongais Li Ka-Shing, n’hésitent pas à donner des milliards pour améliorer la condition des plus pauvres. C’est aussi pour des raisons culturelles que les donateurs ne soutiennent pas tous les mêmes causes. Comme Li Ka-Shing, les Chinois financent surtout les universités et la recherche, et créent des bourses d’études. Tout comme d’ailleurs les Américains.
En revanche, les Européens mettent surtout l’accent sur la recherche médicale et l’aide aux pays en voie de développement. Pour preuve, Bono, le chanteur de U2, s’est impliqué dans la santé en Afrique. En revanche, au Moyen-Orient, les plus fortunés donnent surtout à des œuvres religieuses.
Article: Danièle Guinot
Source: http://www.lefigaro.fr
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