
Partie d’Amérique, la crise s’étend en Europe. En Grande-Bretagne, la baisse est historique.
Du jamais vu depuis au moins 17 ans ! Le prix moyen des logements a chuté de 2,5 % en mai en Grande-Bretagne par rapport au mois précédent selon l’indice Nationwide publié hier, qui n’existe que depuis 1991. Il s’agit de la septième baisse mensuelle consécutive, qui porte à 4,4 % le recul sur un an.
«C’est un vrai choc, estime Howard Archer, économiste chez Global Insight. Compte tenu par ailleurs des problèmes liés au pétrole cher, nous nous dirigeons désormais vers une sévère correction des prix immobiliers.» Ce n’est pas encore le krach des années 1991-1992, mais l’inquiétude est réelle.
Dans les agences immobilières, la tension commence à être palpable. À Southfields par exemple, dans le sud-ouest de Londres, les ventes ont ralenti. Le prix d’un élégant appartement de quatre pièces, mis en vente il y a deux mois à 350 000 livres (450 000 euros), vient d’être abaissé à 329 000 livres. «Le vendeur est prêt à réduire ses prétentions à 300 000 livres», estime Natalie, cadre d’une agence immobilière locale. Soit un rabais de 15 % par rapport au prix initial. «Il y a toujours des acheteurs, mais le problème est qu’ils n’arrivent plus à obtenir de prêts, ajoute-t-elle. Plusieurs ventes ont ainsi échoué à la dernière minute parce que les banques durcissent leurs conditions.»
Chute des mises en chantier
La crise est encore plus sensible dans les villes du nord de l’Angleterre, Liverpool et Manchester en tête. Faisant l’objet de vastes programmes de reconstruction de leur centre-ville depuis une décennie, elles se retrouvent aujourd’hui avec de nombreux logements vides. À quelques encablures des côtes britanniques, l’Irlande vit un purgatoire encore plus sévère. En mars, les prix affichaient une baisse de quelque 9 % sur un an et l’agence Standard & Poors estime qu’ils perdront 6 % en 2008. Un retour de bâton après le bond de 235 % enregistré au cours des douze dernières années. D’après l’institut de recherche économique de Dublin, le nombre de mises en chantier de logements devrait chuter de moitié cette année. La croissance économique va en subir les retombées. La hausse du produit intérieur brut irlandais ne devrait pas atteindre 2 % en 2008 contre 5,3 % l’an dernier.
Plus au sud, l’Espagne subit aussi le contrecoup de quelques années de pure folie immobilière, encouragée par le bas niveau des taux d’intérêt européens. Le prix réel des maisons baisse pour la première fois depuis plus de dix ans. Sur certains marchés, la chute atteint 20 % et les transactions immobilières se sont effondrées de 60 % au premier trimestre. Jamais depuis quinze ans, la croissance économique espagnole n’a été aussi faible qu’entre janvier et mars dernier.
Mais c’est aux États-Unis, d’où la crise est partie, que la situation est la plus dramatique. Là-bas, environ quatre millions de foyers doivent plus d’argent à leur banque que la valeur de marché de leur maison. L’agence de notation Moodys estime qu’ils seront 12 millions début 2009, car la chute des prix se poursuit. L’indice Case-Shiller qui mesure le prix des maisons individuelles s’est effondré de 14 % sur un an au cours du premier trimestre. Le recul est cinq fois plus rapide que lors de la dernière récession immobilière, a précisé l’agence. Les procédures d’expulsion se multiplient. Quelque 1,3 million de logements ont déjà fait l’objet d’une procédure de saisie l’an dernier…
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Article : S. M. (à Londres) et M. M.
Source:http://www.lefigaro.fr
Photo:dailymail
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