Après avoir aidé les pêcheurs à acheter des thoniers, la France veut subventionner leur destruction, protection du thon rouge oblige.
La France a beau prôner l’interdiction du commerce du thon rouge, elle n’en a pas fini avec les thoniers-senneurs… Ils ne sont que 300 marins méditerranéens pour 28 bateaux. Ils ont touché des millions pour acheter leurs énormes navires, on leur en propose encore plus les mettre à la casse ; ça ne suffit pas à les calmer.
On les entend promettre une « grosse crise », dire qu’ils ne se laisseront « pas mourir », et le gouvernement semble les craindre…. Pourtant les thoniers-senneurs [la senne est une technique de pêche] ne représentent que 10% de la population des pêcheurs de thon, comme le précise Bruno Le Maire à Rue89.
Le ministre des pêcheurs promet de réclamer à Bruxelles une aide pour leur reconversion. Pour mettre à l’arrêt leurs navires, en revanche, le gouvernement n’a pas attendu.
L’argent public dépensé en 15 ans pour encourager puis décourager cette activité est un « scandale », dénoncé tout autant par Greenpeace que par le Comité des pêches, au nom du gâchis d’argent public et du manque de vision à long terme.
Subvention pour l’achat d’un bateau : plus d’1 million d’euros
Petit flash-back. A partir de 1996, l’essor de la pêche au thon rouge promet des lendemains qui chantent aux pêcheurs de la Méditerranée. Antoine di Rocco, thonier à Sète, se souvient :
« Avant, on était polyvalents. On avait des bateaux de 15 mètres, puis des chalutiers, puis on s’est mis au thon rouge, encouragés par la direction des pêches. Moi j’ai fait construire à Port-Vendre un bateau de 38 mètres, rallongé de 6 mètres avec une rampe.
Le tout a coûté 3,5 millions d’euros, mais on avait des subventions de l’Etat et de l’Europe. Malgré cela, je ne l’ai toujours pas amorti. »
Faisons l’addition : pour une quarantaine de thoniers-senneurs en Méditerranée, d’une valeur de trois à cinq millions pièce, subventionnés à hauteur d’environ 30%… la France et l’Europe auraient dépensé pas loin de 50 millions d’euros.
Par Sophie Verney-Caillat
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Source : http://www.rue89.com/
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